Le voyage mémoriel en France de la Société d'Histoire des Filles du Roy, juin 2013

Le voyage en France de la Société d’histoire des Filles du Roy (SHFR), du 3 au 17 juin 2013, s’est inscrit dans le cadre des commémorations du 350e anniversaire du départ de France et de l’arrivée en Nouvelle-France du premier contingent des filles à marier, appelées en 1698 par Marguerite Bour­geoys « Filles du Roy » et connues aujourd’hui sous ce nom. Environ 250 d’entre elles furent dotées par le Roi Louis XIV, et toutes furent envoyées par ses soins pour peupler la Nouvelle-France. Elles furent environ 800 mais l’histoire des deux pays n’a pas malheureusement retenu leurs NOMS. 

La décision de commémorer le 350e anniversaire du départ de 1663 revient à la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC-France) où des efforts remarquables ont été déployés pour corriger la méconnaissance de ces femmes en France. La SHFR a voulu se joindre à la Commission pour rendre hommage aux Filles du Roy dans les quatre lieux de mémoire liés à leurs départs de 1663 à 1673, soit Paris, Rouen, Dieppe et La Rochelle. 

Les 6, 7, 8 et 15 juin 2013, la SHFR a participé aux commémorations françaises. Elle a organisé un voyage mémoriel avec une représentation des 36 premières Filles du Roy de 1663, sélectionnées et préparées de diverses façons : elles ont confectionné leur costume d’époque; elles ont suivi des ses­sions de formation sur l’histoire respective des deux pays au XVIIe siècle, elles ont appris à personni­fier LA Fille du Roy à laquelle chacune a été jumelée. Enfin, elles ont conçu et réalisé des tableaux vivants qu’elles ont présentés tout au long des commémorations en France.

Le voyage de la SHFR a comporté également la visite d’autres lieux entre le 9 et le 15 juin, où hom­mage a été rendu aux Filles du Roy de 1663 qui leur étaient liées : Chemilli dans le Perche, pour Jeanne Dodier alias Karine Gendron, Caen en Normandie, pour Catherine de Boisandré alias Marianne Richard, Niort dans le Poitou, pour Catherine Fièvre alias Monique Dussault.

Sur les traces des Filles du Roy

Départ du Québec le 3 juin sur Air France avec l’organisation du Club CAA-Québec-M. Vincent De Ghetto et le responsable du voyage de la SHFR  M. Michel Belleau, des 36 représentantes des Filles du Roy les « jumelées » auxquelles se sont joints des membres du conseil d’administration de la SHFR, Irène Belleau, Michel Belleau, Danielle Pinsonneault et Gérard Viaud, ainsi que les deux tech­niciens en audio-visuel, Alain D’Eer et Luc Allaire. 

Première étape : Paris.

D’abord une visite de la ville, un circuit sur la Seine en Batobus, et le 5 juin a lieu la rencontre à la Pitié-Salpêtrière, lieu de mémoire emblématique des Filles du Roy, avec l’organisatrice des commé­morations en France, Maud Sirois-Belle de la CFQLMC qui commente savamment une visite de la cour Ste-Claire et des bâtiments l’entourant. Là sera dévoilée le lendemain la plaque commémorative de Paris.

Le 6 juin, dès 9h30, dans l’église Saint-Louis, c’est l’ouverture officielle de la journée par le directeur des hôpitaux universitaires Pitié-Salpêtrière, M. Serge Morel, par le président de la CFQLMC-France,

M. Gilbert Pilleul, par la présidente de la SHFR, Mme Irène Belleau et par la responsable des jour­nées commémoratives, Mme Maud Sirois-Belle.

Les conférenciers se succèdent, tous aussi captivants les uns que les autres, permettant d’approcher différentes facettes des Filles du Roy : Didier Poton sur la France de Louis XIV, Monique Pontault sur les orphelins en France, Claude Marcadier sur l’éducation des filles au XVIIe, Maud Sirois-Belle sur la vie à la Salpêtrière avant 1673 et Jean-Paul Macouin sur les archives concernant les Filles du Roy. Suit la projection du film québécois Marie Hubert, Fille du Roi produit par Historica évoquant surtout la traversée à cette époque. Colette Piat, historienne et romancière, exprime sa passion pour les Filles du Roy dont elle a déjà témoigné dans deux romans. Madeleine Juneau de la Congrégation de Notre-Dame et directrice de la Maison St-Gabriel de Montréal traite des « épouseuses » de Mar­guerite Bourgeoys. Irène Belleau, de la SHFR s’interroge : « Ces Filles, que sont-elles devenues ? ». Florence Davaille, professeure de littérature moderne à l’Université de Rouen, dresse un  portrait des Filles du Roy dans la littérature québécoise. Enfin, les cinq Filles du Roy de Paris présentent un ta­bleau vivant de leur établissement en Nouvelle-France.

C’est ensuite le dévoilement de la plaque commémorative 

 Plaque Salpetriere

sur le mur du Pavillon Montyon/Ste-Claire (pavillon des jeunes filles au XVIIe siècle) en présence de Michel Robitaille, Délégué Général du Québec en France, de Jérôme Coumet, Maire du XIIIe arron­dissement de Paris, de Jean Bachelot, Président de la Société d’Histoire et d’Archéologie du XIIIe, de Serge Morel, Directeur de la Pitié-Salpêtrière. Maud Sirois-Belle lit alors un précieux texte retrouvé dans les archives de la Salpêtrière, en date du 26 avril 1670, faisant état du départ des filles de l’Hôpi­tal envoyées au Canada.

Journée mémorielle chargée d’émotions : nous retrouvant et nous déplaçant sur les lieux mêmes de la VIE de 240 Filles du Roy - pour la plupart orphelines - de Paris et de l’Ile-de-France recueillies à la Pitié et à la Salpêtrière.

Deuxième étape : Rouen

Le 7 juin, nous nous rendons à Rouen. Le directeur général du CHU-Hôpitaux de Rouen, M. Bernard Daumur, ouvre la journée accompagné des représentants de la CFQLM et de la SHFR.

Romain Belleau nous fait connaître cinq orphelines de l’Hôpital Général de Rouen parties pour le Ca­nada : archives nouvellement découvertes, très intéressantes. Il a été précédé par le Professeur Phi-lippe Hecketsweiler qui nous a entretenus de l’histoire de l’Hôpital Général de Rouen au XVIIe siècle, et par M. Gérard Hurpin, de l’Université de Picardie, qui nous a présenté Rouen et la Norman-die à l’époque des Filles du Roy, et les liens de Rouen avec la Nouvelle-France. Maud Sirois-Belle évoque à son tour Rouen, lieu d’origine, lieu de recrutement, lieu de passage de Filles du Roy. Janine Arsène-Larue, Bernadette Foisset et Danielle Lecampion de Grand-Quevilly-Vallée de Seine-Québec nous font découvrir l’histoire de Jeanne Chevalier, celle de Marie Lebrun et celles des deux sœurs de Boisandré, toutes Filles du Roy de Normandie.

Par la suite, les NOMS des 62 Filles du Roy de Rouen et sa région sont lus à haute voix. La plaque commémorative 

 Plaque Rouen

est dévoilée sur le mur de l’ancien porche de l’Hôpital Général (aujourd’hui Charles Nicolle), en pré­sence de Emmanuèle Jeandet-Mengual, Adjointe au maire de Rouen, Eric de Falco, Conseiller géné­ral de Rouen, Nicolas Rouly, Conseiller général de Grand-Quevilly, Louis Hamann, représentant du Délégué Général du Québec en France, Bernard Daumur, Directeur général du CHU-Hôpitaux de Rouen. Ce dernier nous annonce que la plantation de 25 rosiers Québec, devant la chapelle de l’hôpital Charles Nicolle, aura lieu en novembre 2013.

Après les commémorations officielles, les Filles du Roy se rendent sur les quais de la Seine où débute le rassemblement des grands voiliers connu sous le nom d’Armada de Rouen. La curiosité est vive, l’accueil chaleureux, l’écoute attentive. Le groupe est reçu à bord du dernier terre-neuva construit ; il interprète une partie de son répertoire de chansons ; les appareils photos crépitent, les caméras tour­nent, la foule applaudit.

Troisième étape : Dieppe

Le 8 juin, nous nous retrouvons à la salle Théodore Monod à Dieppe. Le Maire de Dieppe, M. Sébas­tien Jumel, nous accueille avec chaleur. Gilbert Pilleul et Irène Belleau soulignent l’importance de Dieppe comme lieu de mémoire d’une histoire commune et partagée, et Maud Sirois-Belle explique la symbolique de la Porte des Tourelles retenue comme lieu d’apposition de la plaque commémorative du 350e anniversaire du départ des Filles du Roy  à Dieppe.

Suivent deux belles conférences. Romain Belleau, chercheur en généalogie, décrit les Filles du Roy parties de Dieppe, plus particulièrement les « Demoiselles » rebelles de 1667. M. Jean Decaux, Prési­dent des Amys du Vieux Dieppe, évoque la ville et son histoire au XVIIe siècle à l’aide d’un diapora­ma de gravures et de peintures anciennes.

Suit un parcours mémoriel dans le Dieppe du XVIIe siècle, guidé par une conférencière de  Dieppe,ville d’art et d’histoire . À la Porte des Tourelles est dévoilée la plaque commémorative de Dieppe 

 Plaque Dieppe

et l’on fait lecture des NOMS des 20 Filles du Roy d’origine locale ; puis est révélé le médaillon du 350e anniversaire  sur la borne du souvenir des Amys du Vieux Dieppe en présence des élus de la Mairie de Dieppe et de Louis Hamann de la Délégation Générale du Québec. Les rosiers Québec, plantés au Square du Canada, rappelleront chaque année par leur floraison estivale la mémoire des 600 Filles du Roy qui ont quitté le port de Dieppe entre 1663 et 1673, et celle de leurs descendants venus mourir, un certain 19 août 1942, devant les « portes » de Dieppe pour la paix du monde. La municipalité de Dieppe offre un cocktail au Château-Musée. M. Pierre Ickowicz, le conservateur en chef nous présente les principales collections de son musée, puis la chorale de l’église St-Rémy intreprète plusieurs chants d’époque en notre honneur.

Quatrième étape : Dieppe - Honfleur – Etretat – Touques - Caen

Cette étape du 9 juin nous révèle l’étendue et la beauté de la région d’où partit la majorité des Filles du Roy.

Après un détour côtier et une brève halte à Étretat, un guide passionné retrace les grands moments de prospérité du port de Honfleur en rappelant l’importance du commerce du sel et les liens de la ville avec Champlain.

Une Association de Honfleur a organisé un agréable déjeuner champêtre à notre intention et nous offre l’hospitalité dans ses locaux, car la température nous fait renoncer au pique-nique sur la plage. Nous sont servis pâtés de venaison et gâteaux faits maison par Madame Vivien, la responsable de l’Association. On se régale, on se repose, bien au chaud.

Arrêt surprise très émouvant à Touques, lieu d’origine de Marie Major, Fille du Roy.

À Caen, un dîner a été organisé par l’Association régionale Calvados-Québec. Nos trois amies de Grand-Quevilly-Vallée de Seine-Québec nous ont rejoints. Catherine de Boisandré, Fille du Roy de 1663, est à l’honneur et Marianne Richard émeut les convives par le récit de sa vie.

Cinquième étape : Caen -Mortagne-au-Perche – Chemilli - Nogent-le-Rotrou

Un moment de rare bonheur que de passer deux jours en compagnie d’Yves Landry, historien québé­cois des Filles du Roy.

Le 10 juin, il accueille le groupe devant l’église Notre-Dame de Mortagne. Nous la visitons et admi­rons ses vitraux représentant notamment l’émigrant Pierre Boucher, apparenté à Jeanne Dodier. Nous visitons aussi la maison Henri IV, de style renaissance, où est offert un verre de l’amitié, avant de re­joindre l’impressionnante crypte St-André, salle gothique du XIIIesiècle.

Une promenade dans les ruelles du vieux Mortagne nous amène jusqu’à l’Hôtel des Tailles (recette des impôts) où le groupe, en compagnie de ses amis percherons et parisiens, partage un repas convi­vial.

L’après-midi nous conduit à Parfondeval où nous visitons la maison ancestrale de Jean Trudel. Nous rejoignons ensuite le lieu phare de la journée : Chemilli, pays d’origine de Jeanne Dodier alias Karine Gendron. Bernard Péningault, généalogiste de la région, qui a retrouvé dans les archives locales les actes de baptême des frères de Jeanne, salue cette dernière sur la place de l’église et lui fait part de ses découvertes. Le propriétaire du vieux prieuré voisin nous invite à le visiter ; il nous explique son la­borieux, méticuleux et long travail de restauration.

Sixième étape : Nogent-le-Rotrou – Tourouvre – St-Cosme-en Vairais - Nogent-le-Rotrou

Le 11 juin, Yves Landry nous fait découvrir Tourouvre, Autheuil, Randonnai, Bresolettes : à Tou­rouvre, l’église St-Aubin avec le vitrail dédié à Julien Mercier, puis l’emplacement de sa maison, la Grandinière. Nous passons ensuite à la Giguerie et à la Gagnonnière, demeures des ancêtres Giguèreet Gagnon. À Autheuil, visite de la maison de Robert Giffard; à Randonnai, court arrêt devant celle de Pierre Tremblay; à Bresolettes, nous apercevons les maisons des émigrants Antoine et Guillaume Pel­letier.

Le déjeuner est servi au château de Blavou dans une salle voûtée.

En fin d’après-midi, au complexe culturel de St-Cosme-en-Vairais, Yves Landry donne une confé­rence sur les Filles du Roy. Suit la brève intervention de Maud Sirois-Belle, qui rappelle les premiers ancêtres Percherons partis au Canada en 1635 et les Filles du Roy de 1663 liées par leur mariage en Nouvelle-France à des Cosméens.

Une soirée festive a lieu à la salle Atlantis. Elle débute par le mot de bienvenue du Maire, M. Jean-Yves Tessier, que suit l’intronisation de Jeanne Dodier alias Karine Gendron et de Michel Belleau à la Confrérie des Chevaliers du Goûte-Boudin ; Jeanne Dodier fait rire la salle de bon cœur en déclarant haut et fort «je ne sais pas lire!» lors de la prestation de serment. Nous devons, hélas, écourter le dîner car l’horaire réglementaire du chauffeur impose le départ à 22 h 30. Une farandole permet un au-revoir dans la bonne humeur.

Septième étape : Nogent-le-Rotrou – Château d’Amboise – Château du Clos Lucé - Niort

12 juin. Déjeuner et visite libres du château royal d’Amboise sur les bords de la Loire où a grandi François 1er, puis visite guidée du Clos Lucé où vécut ses dernières années à l’invitation du roi, Léo­nard de Vinci. Les lieux historiques sont d’autant plus captivants qu’une belle exposition de fac­similés des machines de Léonard agrémente la promenade dans le parc. 

Huitième étape : Niort

La journée du 13 juin commence sous la pluie dans les rues du Vieux-Niort en compagnie de nos hôtes. Catherine Fièvre, grâce à la récente découverte de Mme Marguerite Morisson, du Cercle généa­logique des Deux-Sèvres, retrouve la maison où elle est sans doute née. Grand moment d’émotion pour toutes et tous, surtout pour la jumelée dont elle est l’aïeule et qui l’incarne : Monique Dussault.

Madame Geneviève Gaillard, mairesse de Niort, reçoit les Filles du Roy à l’Hôtel de Ville et pro­nonce une allocution très chaleureuse. Catherine Fièvre et Marthe Ragot, Filles du Roy de 1663, pro­posent leurs récits de vie, accompagnées de Joachine Lafleur et de Louise Charrier, autres Filles du Poitou. L’artiste niortaise Christine Authier émeut l’assistance en interprétant plusieurs chansons de son album Les cailloux du Saint-Laurent.

Le déjeuner a lieu à l’Auberge de la Roussille dans le marais poitevin. Nous retrouvons Marguerite Morisson, qui s’intéresse aux Filles du Roy depuis des années. Encore une fois, notre horaire ne nous permet pas, comme nous l’aurions souhaité, d’aller à la ferme de Chey, lieu patrimonial d’où sont parties les trois sœurs Gobeil avec leur famille en 1665.

Neuvième étape : Niort - l’Île d’Oléron – Brouage – La Rochelle

14 juin, nous rejoignons la mer. Le Musée de l’Île d’Oléron retrace l’histoire de cette île dont les ma­rais salants font la réputation. Île d’une beauté exceptionnelle d’où partirent plusieurs pionniers et pionnières pour la Nouvelle-France. On y déjeune, mais Marie Albert, Fille du Roy originaire du lieu, ne peut présenter son récit de vie. Daniel Émont, généalogiste rochelais qui devait animer la ren­contre, a été retenu à la dernière minute par les préparatifs des activités de l’Association Pays Roche­lais-Québec. Il en a été désolé.

Liée à l’histoire de Champlain, Brouage, fondée au XVIe siècle, fascine toujours : sa richesse tirée du commerce du sel, sa cité catholique concurrente de La Rochelle protestante, le séjour forcé de Marie Mancini aimée du jeune Louis XIV, la construction de la citadelle voulue par le cardinal de Richelieu mais abandonnée par Vauban, l’envasement progressif du port et son irrémédiable déclin. En traver­sant Hiers-Brouage, nous saluons la patrie de Marie Faucon, Fille du Roy de 1663.

À l’arrivée à La Rochelle, l’Office du Tourisme remet à chacune et chacun une pochette de documen­tation sur la ville et sur la région.

Tout de suite après leur installation, les Filles du Roy se rendent à l’Hôtel de Ville où elles sont invi­tées et attendues par le Maire, M. Maxime Bono. Elles y sont reçues dans le salon d’honneur, sous le portrait d’Henri IV. Après les discours d’usage, la mairie offre un cocktail dans cette magnifique salle qui sera détruite par un incendie quelques jours plus tard.

Pour la plupart, la soirée et le début de la nuit sont consacrés à une déambulation à la lanterne, mise en scène par l’Office du Tourisme, à travers les rues de La Rochelle. Chaque halte dans un lieu ou un bâtiment, une tour, un jardin, un couvent, une cour d’hôtel particulier, un bunker-musée, est l’occa­sion d’entendre raconter une page d’histoire de la ville.

Dixième étape : La Rochelle

Le 15 juin à La Rochelle, nous reprenons la suite des commémorations organisées par la CFQLMC. 

Une journée des plus riches et fortement symbolique nous attend.

La séance d’ouverture à l’Oratoire donne le ton avec Madame Sylviane Dulioust, adjointe à la culture de La Rochelle, Messieurs Gilbert Pilleul et Denis Racine co-présidents de la CFQLMC, Madame Irène Belleau, présidente de la SHFR. Et Maud Sirois-Belle, fait connaître les résultats de ses re­cherches sur ce premier départ des Filles du Roy, marquant ainsi le sens de la journée :  38 filles à marier, recrutées à la demande du Roy, ont quitté La Rochelle à bord du navire royal L’Aigle d’Or, placé sous le commandement du capitaine rochelais Gargot de La Rochette, dit Jambe de bois, le 3 juin 1663. Elles arriveront à Québec le 22 septembre. Longue et difficile traversée. 

M. Hubert Charbonneau du PRDH, démographe et historien, M. Jean-Paul Macouin, généalogiste et membre associé de la CFQLMC-France, M. Marcel Fournier du dossier ORIGINE, président du Co­mité de Commémoration de la CFQLMC-Québec, M. Didier Poton, professeur des universités et membre associé de la CFQLMC-France, M. Romain Belleau,  chercheur en généalogie et membre associé de la CFQLMC-France prennent alors la parole devant une assistance attentive et intéressée. Il est question, et dans l’ordre des intervenants cités, des sujets suivants :  Filles du Roy et mères de tout un peuple ,  Filles parties seules avant 1663 et après 1673 , Les Filles parties entre 1663 et 1673, filles à marier ou filles du roi ? ,  Protestantisme en Poitou et départs vers la Nouvelle-France ; enlè­vements d’enfants et Filles du Roy , Le Couvent de la Providence de La Rochelle, lieu de mémoire des Filles du Roi . Ces conférences fournissent des données essentielles pour la poursuite des re­cherches sur les Filles du Roy.

Après le déjeuner pris sur place, dans le jardin du Muséum d’histoire naturelle, sont prononcés les discours officiels par des personnalités françaises et québécoises, dont le Délégué Général du Québec en France, Monsieur Michel Robitaille, présent à nos côtés tout au long de cette journée. Ici comme à Dieppe, Gilbert Pilleul est invité à planter les rosiers Québec offerts par la Commission. Puis, sur le mur de la partie ancienne du couvent de La Providence, est dévoilée la plaque commémorative. 

 Plaque La Rochelle

Enfin, les « jumelées » du contingent de 1663 nomment chacune des 36 jeunes femmes qu’elles re­présentent.

Se met alors en marche un long cortège amenant les Filles du Roy de La Providence jusqu’au Port. Elles sont encadrées par les soldats du Régiment du Béarn Compagnie Franche de la Marine, incarnés par les gars de Pays Rochelais-Québec, en costume d’époque, au son du fifre et du tambour. Tout au long du parcours, dans trois lieux attachés à la mémoire des pionniers de la Nouvelle-France, les Filles du Roy présentent leurs tableaux vivants. Au port, un ancien aumônier de Brouage, fin connais­seur de la Nouvelle-France, bénit le groupe des 36 Filles avant qu’elles ne montent dans des barques qui les conduisent au «Coppelia», ancien sloop ostréicole des Pertuis Charentais, bateau d’intérêt pa­trimonial, ancré dans le port. Moment d’intenses émotions, il va sans dire ! Départ symbolique de cette journée de commémoration. Le spectacle retient l’attention de la foule massée le long des quais !

À 19h30, à la Tour de la Chaîne, a lieu l’inauguration du nouvel aménagement du Musée du Départ et des espaces consacrés aux Filles du Roy par M. Jean-Loup Baudin, administrateur des Monuments nationaux de La Rochelle et Mme Aline Carpentier-Lecorre, des Archives départementales de la Cha­rente-Maritime, commissaire de l’exposition sur les Filles du Roy.

Le matin du 16 juin, à l’initiative de l’Association Pays-Rochelais-Québec, a lieu un vrai départ en bateau de La Rochelle. Cette fois, nous faisons un tour en mer jusqu’à l’Ile d’Aix. En cours d’après­midi, le car prend la direction de la région bordelaise, où nous visitons Saint-Émilion et dînons au res­taurant Le Médiéval.

Le matin suivant, 17 juin, le car nous conduit à Bordeaux pour une brève visite de la ville, d’où nous prenons le chemin du retour. Chemin tellement semé d’embûches, par la faute de perturbations at­mosphériques, que nos Filles du Roy se croient à nouveau dans la « Sainte-Barbe» (cale) de l’Aigle d’Or. Traversée terrible, avait rappelé Maud Sirois-Belle…

Irène Belleau,
Présidente de la SHFR
Le 21 juin 2013

Catégorie : En France