Les apparentements-3

Les Filles du Roy ne sont pas toutes venues seules. Les 2 articles précédents le prouvent. En voici une autre preuve.

Les 4 soeurs Jousselot

Ces 4 soeurs n’apparaissent pas au livre d’Yves Landry mais elles sont consignées au livre de Paul-André Leclerc, L’émigration féminine vers l’Amérique française aux XVIIe et XVIIIe siècles, publié en 1966, comme thèse de doctorat présentée devant la Faculté des Lettres de l’Institut catholique de Paris.

Jeanne, Marie, M.-Renée et Anne Jousselot sont arrivées en 1669 avec leur père Pierre, de Saint-Pierre du Langon, évêché de La Rochelle. Paul-André Leclerc pense que leur mère Ozanne Drapeau les accompagnait aussi mais rien le prouve. On sait, toutefois, que leur père est décédé en France mais on ignore quand il est retourné.

Ces 4 soeurs eurent des destins bien différents. La plus âgée, Jeanne, est née en 1649; elle avait donc 20 ans. L’année suivant son arrivée, elle épouse à Beauport, Jacques Masson, originaire de Saint-Nazaire-sur-Charente, à La Rochelle, le 25 novembre 1670. Son mari se noie le 24 août 1676. Jeanne, veuve de 2 enfants, se remarie le 9 février 1677 à Québec, avec Nicolas Menanteau du Poitou. Ce couple aura 3 enfants. Jeanne décède à 60 ans, en 1709.

Marie, aura 6 enfants avec René Gervais, qu’elle épouse le 10 novembre 1669, l’année de son arrivée. Son mari est maçon. Il effectue plusieurs contrats l’obligeant à déménager; en premier, il habite Bourg-la-Reine, à Charlesbourg; en 1678, il est à Lorette, dans la seigneurie Saint-Gabriel, propriété des Jésuites, qui lui concèdent une terre sur la route Saint-Antoine. René Gervais, plusieurs fois hospitalisé, meurt en 1694. On ne connaît pas la date du décès  de Marie Jousselot mais on sait qu’elle est présente au mariage de son fils Jacques, le 17 novembre 1704. Née en 1650, elle avait alors 54 ans.

Marie-Renée est née vers 1653 et elle épouse en 1674 Jean Senelé/Senelle dit Laprairie, originaire  du Poitou. Il loue une terre pour 3 ans  à Neuville. En 1680, on le retrouve à Ste-Anne de la Pérade où il s’associe pour la traite des fourrures. Ce commerce ne lui a sans doute peu rapporté puisqu’à maintes reprises, on lui réclame des montants d’argent si bien que, décédé, sa veuve doit vendre la terre de Ste-Anne de la Pérade pour divers engagements financiers de son mari. Elle meurt à Québec, en 1720, probablement hébergée par sa soeur Anne. Son mari l’avait précédée dans la tombe en 1688.

Anne est la plus jeune. Elle est née vers 1659, dit-on, ce qui lui donnerait 10 ans à son arrivée en Nouvelle-France. Elle se mariera 5 fois (6 si on compte le premier mariage qui a été annulé) mais n’eut que 12 enfants. C’est à Québec qu’elle se marie 3 fois et les 3 autres mariages ont lieu à Charlesbourg là où elle s’est finalement installée. Elle vivra jusqu’à l’âge de 84 ans. Qui furent donc ces 6 élus de son coeur ? Le premier, c’est Simon Trillaud mais le contrat de mariage de 1675 n’a pas de suites; Anne épouse plutôt Joseph Galois du Poitou le 9 février 1677. Il meurt. Le 23 mai 1678, elle épouse un veuf: Toussaint Dubeau et ils ont 11 enfants. Il décède en 1693 et Anne, après 15 ans de mariage avec Toussaint Dubeau,  se remarie en 1698. André Duval, de la Savoie, est son 4e époux; ils ont un enfant et il décède à l’Hôtel-Dieu de Québec, le 2 juillet 1699. Elle demeure veuve jusqu’en 1712; on peut bien penser que ses enfants l’accaparent…C’est le 13 juin qu’elle contracte mariage avec Jean Maranda, de l’Île-de-Ré,  qui meurt le 3 septembre 1724. Elle n’a que 65 ans. L’année suivante, le 11 octobre 1725, elle unit sa vit à celle de Claude Dubreuil, de la Saintonge. Elle est inhumée à Charlesbourg le 14 janvier 1743. C’est une des rares Fille du Roy qui connut six époux.

Leur séjour en Nouvelle-France aura duré 74 ans laissant dans l’ombre le patronyme Jousselot.

irène belleau6 mars 2010

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