Nos toutes premières grands-mères

 

Grands-mères fondatrices

La venue des pupilles royales a marqué un tournant dans l’histoire de la Nouvelle-France. Écoutons ce qu’en dit Yves Landry :

«En 1663 (…) la population canadienne comptait environ 3 000 habitants ; dix ans plus tard, elle aura presque triplé (…) Si l’on a pu récemment affirmer que les 3 380 pionniers établis avant 1680 « sont en définitive à l’origine des deux tiers des gènes des Québécois francophones actuels », on devine l’importance des Filles du roi, qui représentent plus de la moitié des pionnières, dans l’origine du patrimoine génétique des Canadiens français. Les Filles du roi apparaissent dans tous les tableaux d’ascendance des Québécois de souche française et méritent certainement ainsi l’intérêt que leur accordent généralement les amateurs férus d’histoire et de généalogie ».

 

                           Yves Landry, Orphelines en France, pionnières au Canada :

                           Les Filles du roi au XVIIe siècle, Montréal, Leméac, 1992, p. 14

Et nous, descendants de Pierre Blais, savons-nous que sept de ses enfants sur les dix ayant eu une descendance ont épousé des fils, des filles, ou petites-filles de Filles du roi :

-Pierre (Françoise Beaudoin/mère : Françoise Durand),

-Antoine (Ambroise Fournier/mère : Marie Hubert),

-Jacques (M.-Jeanne Sévigny/grand-mère maternelle : Marguerite Lamain),

-Marie-Anne (Jean Guillemet/mère : Marie Sel),

-Jean (1.Geneviève Martin/mère : Marie Buot ),

-Jean (2.M.-Jeanne Senecal/grand-mère maternelle : Jeanne Burel),

-Louis (Marguerite Cadieux/grand-mère maternelle : Françoise Baiselat ; grand-mère paternelle : Marie Valade)

-Gabriel (Catherine Lebeau/grand-mère paternelle : Etiennette Loret).

Ainsi trouve-t-on onze Filles du Roi attachées aux deux premières générations de Blais.

Sans oublier toutes ces autres premières grands-mères que chacun peut retrouver en tête des diverses branches de  son arbre généalogique. Il faut dire que 128 des 770 Filles du roi se sont établies dans la seigneurie de Beaupré-Ile d’Orléans. En tout état de cause, les Blais confirment les dires d’Yves Landry.

L’analyse des notes biographiques de nos 11 aïeules Filles du roi, établies par Yves Landry, permet de donner les informations suivantes :

-          elles étaient toutes de la même génération (nées entre 1646-1650).

-          2 arrivent en 1663 ; 2 en 1667 ; 1 en 1668 ; 1 en 1669 ; 4 en 1670 ; 1 en 1671.

-          2 viennent de La Rochelle et sont de religion protestante ; 5 viennent de Paris, dont 2 de Saint-Sulpice ; 4 viennent de Rouen.

-          3 ont rejoint un membre de leur famille (Marie Targer, Marie Valade, Françoise Durand).

-          5 se sont établies à l’Ile d’Orléans ; 1 à Charlesbourg ; 1 à Neuville ; 1 à Pointe-aux-Trembles ; 1 à Sorel ; 1 à Boucherville ; 1 à Montréal.

-          7 sont orphelines.

-          2 savent signer (Anne Perrault et Françoise Baiselat).

-          4 ont des biens estimés à 300 livres, 1 à 200, 1 à 150, 1 à 100, 4 sont sans biens personnels déclarés. 2 ont reçu la dot du roi de 50 livres (Marguerite Lamain et  Marie Buot).

-          5 ont connu un seul mariage ; 4 se sont mariées 2 fois ; 2 se sont mariées 3 fois.

-          1 aura 6 enfants ; 1 en aura 9 ;  4 en auront 10 ; 2 en auront 12 ;  2 en auront 13 ; 1 en aura 14. Et voilà lancée « la revanche des berceaux » qui durera jusqu’à Duplessis.

-          2 sont mortes en couches (Anne Perrault à 42 ans et Françoise Baiselat à 48ans), 7 ont vécu au-delà de soixante ans, (Etiennette Loret et Marie Buot seront les plus solides, 84 et 85 ans).

Pour conclure, évoquons encore deux autres de ces grands-mères fondatrices qui contribuèrent à asseoir les familles-souches auxquelles sont reliés les Blais. François Blais (fils de Pierre et d’Elisabeth), en épousant Marie-Marthe Amelot dit Sanspeur, nous ramène vers les pionniers de la première heure installés sur la côte de Beaupré en provenance du Perche, la famille de Marin Boucher et de Perrine Mallet de Saint-Langis-les-Mortagne (arrivée en 1634). Et pour ceux qui, par Louis Blais (arrière-petit-fils de l’ancêtre Pierre et d’Anne Perrault), sont reliés aux Blanchet par Marie-Rogée son épouse, quelle surprise de se voir rattachés à la famille de Louis Hébert ! Toutes nos grands-mères sont les fils à tirer pour que se dessine la grande tapisserie de l’histoire de chacun. « File, file l’aiguille ma fille », disait une chanson d’autrefois. Fils conducteurs, fils rassembleurs de nos poussières de vie, voilà ce que sont toutes les grands-mères de notre vieux chêne généalogique. Comme le dit si bien l’astrophysicien québécois Hubert Reeves, ne sommes-nous pas de la poussière d’étoiles en suspension dans le cosmos ? Alors, filons, tissons, racontons.

 

 

Voici la signature d’Anne Perrault (Perro) telle qu’elle apparaît sur son contrat de mariage avec Pierre Blais (c. m. Pierre Duquet, 23 septembre 1669) :

Aller plus loin…

 

Qui veut approfondir l’histoire des Filles du roi peut se reporter aux 3 essais suivants :

-Silvio Dumas, Les Filles du roi en Nouvelle-France. Etude historique avec répertoire biographique, Québec, Société historique du Québec, 1972.

-Gustave Lanctôt, Filles de joie ou Filles du roi. Etude sur l’émigration féminine en Nouvelle-France, Montréal, éditions Chantecler, 1952.

-Yves Landry, Les Filles du roi au XVIIe siècle, Orphelines en France, pionnières au Canada, Montréal, Editions Leméac, 1992.

 

Et qui veut partager la vie d’une Fille du roi en Nouvelle-France, peut lire un récit bien venu et riche d’informations :

-Sergine Desjardins, Marie Major, roman historique inspiré de la vie d’une Fille du roi, dont l’époux, Antoine Desjardins, fut assassiné, Laval, Guy Saint-Jean éditeur, 2006.

Peut être vu avec intérêt le site interactif du Musée de la Civilisation du Québec sur les Filles du roi : www.mcq.org/histoire/filles_du_roi

Les données généalogiques proviennent du Tanguay, du Jetté, d’Archange Godbout et de la Base de données Généalogie des Français d’Amérique du Nord de Denis Beauregard (www.francogene.com), ainsi que des généalogistes de l’Association des Blais d’Amérique. En ce qui concerne les Filles du roi, les informations sont extraites des notes biographiques de l’ouvrage de Yves Landry.

Ont également été consultées les Banques de données suivantes :

            Le Fichier origine (www.fichierorigine.com)

Le Centre de généalogie francophone d’Amérique (www.genealogie.org)

L’Association des Blais d’Amérique (www.genealogie.org/famille/blais)

PREFEN (www.unicaen.fr/mrsh/prefen)

Généalogie du Québec (www.nosorigines.qc.ca)

La recherche historique est basée sur de nombreux ouvrages d’histoire de la Nouvelle-France, de l’Ile d’Orléans et de la Côte de Beaupré, de Québec, de Montréal et de l’Acadie, et pour la France, du Perche, de Bretagne, de Normandie, de La Rochelle et de Paris. Elle a pu être menée, entre autres, grâce au riche fonds de La Bibliothèque de la Délégation Générale du Québec à Paris.

 

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