Les Filles du Roy selon l’année de leur arrivée

Plusieurs chercheurs ont étudié cette question et leurs estimés varient beaucoup. À preuve : Benjamin Sulte en dénombre 713, Ivanhoë Caron 732, Silvio Dumas 774, Archange Godbout 792, Paul-André Leclerc 846, Gérard Malchelosse 857, Pierre J. O. Boucher 1200 et l’étude d’Yves Landry qui sert de base aux travaux de la SHFR, 770 dont 737 sont restées. D’où vient cette importante différence ? Plusieurs hypothèses peuvent être invoquées. Rappelons les critères sur lesquels Yves Landry (étude de 1992) a défini son instrument de recherche universitaire.

Critères de 1992: a) date et lieu de naissance, b) date et lieu de décès, c) date et lieu de mariage(s), lieux de résidences, e) lieux d’origine, f)l’aptitude à signer, g) profession du père, h) valeur des biens apportés, i) valeur de la dot royale (liée au contrat de mariage), j) apparentements. Tous les chercheurs n’ont pas suivi cette démarche. Point s’en faut. Par exemple, Paul-André Leclerc, dans son livre sur L’émigration féminine en Amérique, ne tient compte que du premier mariage alors que certaines (peu nombreuses, il est vrai) se sont mariées 4 fois. Puis, il faut bien dire que les premières recherches (comme celles de Boucher en 1938) n’avaient probablement pas accès à des archives aussi “sûres” que celles de Landry en 1992. D’ailleurs, encore fallait-il DÉFINIR ce qu’on entendait par FILLE du ROY ! En y ajoutant les preuves circonstancielles … Les recensements, à cet effet, ne sont pas tellement instructifs. Une combine des registres civils et des actes notariés confrontés aux dictionnaires Tanguay, Jeté, Drouin sont plus susceptibles de nous éclairer. Et aujourd’hui, le Fichier ORIGINE est des plus sécurisants.

Regardons d’abord le premier contingent de 1663 au nombre de 36 (selon Landry) dont 27 se sont établies à Québec et dans les environs, 4 se sont dirigées vers Trois-Rivières et 7 à Montréal. Une révision est peut-être encore possible puisque les recherches de cette immigration s’intensifient de plus en plus en vue du 35oe anniversaire de cette première arrivée prévue pour 2013. En effet, en 2013, la France et le Québec commémoreront le départ (pour la France) et l’arrivée (pour la Nouvelle-France) du premier contingent des Filles du Roy.

Filles du Roy de 1663 selon Yves Landry (qui se sont mariées)

Marie-Anne Agathe, Marie Albert, Marguerite Ardion, Catherine Barré, Françoise Brunet, Louise Charier, Catherine De Boisandré, Marie-Madeleine De Chevrainville, Suzanne Delicerace, Jeanne Dodier (mariée 3 fois), Hélène Dufiguier, Catherine Dupuis, Marie Faucon (mariée 2 fois), Catherine Fièvre, Louise Gargottin (mariée 2 fois), Anne Gendreau, Catherine Guillot, Anne Labbé, Marie Lafaye, Joachine Lafleur, Jacqueline Lauvergnat (mariée 2 fois), Anne Lemaître, Anne Lépine, Louise Menacier, Françoise Moisan (mariée 2 fois), Catherine Moitié (mariée 2 fois), Marguerite Moitié, Catherine Paulo, Françoise Moisan (mariée 2 fois), Marguerite Peuvrier (mariée 2 fois), Catherine Pillat (mariée 2 fois), Marthe Ragot, Jeanne et Marie Repoche, Marie Targer (mariée 2 fois), Mathurine Thibault et Marie Valade (mariée 2 fois). Sans compter un nombre de maraiges annulés…(cf. Les mariages annulés sur ce site).

Quatorze de celles de 1663  étaient originaires de La Rochelle, cinq de Paris, cinq du Poitou, deux de Normandie, les autres de Bretagne, de la Saintonge, de l’Anjou. Trois étaient veuves. Une était protestante. Neuf étaient apparentées. La moyenne d’âge à l’arrivée (en autant que la date de naissance était connue) était de 25 ans et l’âge de la mortalité, de 59 ans. Il sera intéressant de comparer ces données avec les années subséquentes et de vérifier, comme l’a fait Landry, avec les filles françaises de l’époque !

Les 47 patronymes de leurs époux, pour l’arrivée des 36 femmes de 1663, sont les suivants par ordre alpha: Alain, Allaire, Herman (Armand), Baillargé, Bareau, Barrette, Bilodeau, Bisson, Blanquet, Boucher, Boudier, Brisson, Brunet, Cadieux, Campeau, Charron, Charrier, Chauveau dit Lafleur, Émond, Fournier, Gaulin, Gauthier, Girard, Gobelin, Jacquereau, Jamin, Jocteau, Joliet, Lamy, Ledran, Leduc, Lizotte, Martin, Meneux dit Châteauneuf, Milot, Normandin, Perron, Perthuis, Poirier, Rabouin, Roy, Royer, Samson, Sureau, Tourneroche et Viger.

Si VOTRE patronyme ou VOTRE matronyme se retrouve sur la liste de 1663, vous êtes invité/es à entrer en contact avec nous par le site web www.lesfillesduroy-quebec.org et nous vous enverrons le projet de la commémoration de l’arrivée (et du départ) du premier contingent des Filles du Roy de 1663 vous permettant de participer (si cela vous intéresse…) à ce projet emballant, de concert avec la France. En effet, la France, en juin 2013, posera une plaque sur La Salpêtrière de Paris, nous recevra ensuite à Rouen puis à La Rochelle et ensuite, c’est pendant les Fêtes de la Nouvelle-France en août 2013 que le Québec commémorera l’arrivée en Nouvelle-France et l’accueil que le Conseil Souverain, l’évêque, les religieuses, les habitants, les soldats, etc, leur ont réservé selon les bribes  que l’histoire nous  a laissées…

La SHFR est, par conséquent, et pour 2013,  à la recherche de 36 femmes québécoises qui, autant que possible, sont des descendantes des 36 “originales”, connaissant très bien l’histoire de chacune de ces filles françaises pour les représenter autant en France qu’ici… ce qui implique le voyage en France. C’est un projet susceptible de faire rêver… mais surtout de FAIRE CONNAÎTRE ces femmes, mères de la nation québécoise, trop longtemps tenues dans l’ombre…

Pour s’assurer qu’on connaît bien qui elles furent (âge à l’arrivée, lieu d’origine, conjoint(s) et familles d’ici, lieux d’établissement précis, etc) et ce que l’histoire nous a laissé comme les contrats, leur présence à la Prévôté de Québec, leur présence à l’occasion de baptêmes, de mariages et de sépultures de d’autres personnes (exemples: événements des autres filles du roy établies dans le même milieu, etc), les terres qu’elles ont contribué à défricher et, pour certaines, les procès qu’on leur intenta… Finalement, la question inévitable de l’ HÉRITAGE qu’elles ont laissé à leur descendance. C’est ce qui explique la mise sur pied d’une équipe de rédactrices-chercheures pour établir les 36 biographies de ces femmes pour le projet de 2013.

La Société d’histoire des Filles du Roy prépare cet événement avec la Commission franco-québécoise des lieux de mémoire communs (CFQLMC) partie française et partie québécoise en collaboration avec plusieurs organismes québécois. Le projet vous intéresse ??? Impliquez-vous. Consultez 1- le dépliant de la SHFR pour en connaître les objectifs et devenir membre, 2- le dépliant de la commémoration de 2013.

La SHFR espère aussi que les Familles-Souches (même celles qui ne sont pas membres de la Fédération des Familles-Souches) contribueront par leur dynamisme et leurs activités à mettre en valeur CELLES des FILLES DU ROY qui sont inscrites dans leurs lignées… C’est à chercher… il existe des lignées patronymiques où l’on retrouve jusqu’à 94 Filles du Roy…les  IDENTIFIER est un premier objectif, les CONNAÎTRE et les FAIRE CONNAÎTRE, un deuxième objectif pour pouvoir, finalement et collectivement, leur DONNER dans l’HISTOIRE leur VRAIE PLACE !

La SHFR remercie tous ceux et celles qui contribueront à ces éléments de premier ordre y compris les fêtes de 2013, en France et au Québec.

Irène Belleau

à suivre : contingent de 1664.

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