La Salpêtrière

Yves Landry, lors de sa conférence au Colloque sur Les Filles du Roy qui a eu lieu en juin 2008 dans les murs du Vieux Séminaire de Québec, définit La Salpêtrière comme une  “sorte de refuge pour les pauvres et une maison d’internement pour les exclus de la société de Paris comme les mendiants, les prostituées, etc”.

L’histoire de La Salpêtrière a aussi été décrite dans l’ouvrage de Maximilien Vessier La Pitié-La Salpêtrière, quatre siècles d’histoire et d’histoires, publié à Paris en 1999. Il précise que ce n’était pas un hôpital mais un hospice où se retrouvaient trois grandes catégories de personnes : 1. le Commun où 400 femmes prostituées ou aliénées vivaient comme dans un cachot avec des chaînes aux pieds; on les déportait souvent à la Nouvelle-Orléans; 2. la Correction où 150 adolescents en cours de redressement, 700 femmes internées à la suite de mesures administratives ou emprisonnées par décision de justice; 3. l’Hôpital où l’on vivait dans la promiscuité, à 4 ou 5 par lit, enfants, filles-mères, mendiantes, infirmes, couples de vieux isolés, etc, autant de cas sociaux problématiques.

Puis, vint Philippe Pinel (1745-1826) qui institue la réhabilitation au lieu de la violence ou les mauvais traitements. On l’a surnommé le Médecin des Lumières.

Plusieurs Filles du Roy, venues en Nouvelle-France, pour peupler la colonie, venaient de la Salpêtrière. Elles avaient la possibilité d’apprendre à lire, à écrire, à compter. Plusieurs d’entre elles, ici, ont même représenté leur mari devant la Prévoté de Québec, cour de justice de l’époque, prouvant ainsi leur capacité autre que celle de faire des enfants ! Et ce n’est qu’un exemple…

Le “mystère” de la Salpêtrière n’a pas fini de nous étonner. Colette Piat considère que les Filles du Roy, sorties de la Salpêtrière furent des chanceuses d’avoir été choisies pour l’Amérique; même si la traversée n’était pas toujours de tout repos (!), elles avaient la promesse de trouver un mari, d’avoir une terre à cultiver, une maison et des enfants à aimer. C’est ce qui les faisait rêver et leur faisait oublier la Salpêtrière.

Irène Belleau

 

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