Le secret de Marie-Victoire alias M.-Claude Chamois, de Josée Ouimet

Des 120 Filles du Roy arrivées en 1670, l’itinéraire de Marie-Claude Chamois est peut-être celui qui est resté le plus problématique. D’abord, elle s’appelle Marie-Victoire et elle ne révèle son vrai nom qu’une fois en Nouvelle-France ; puis, en 1685, après 15 ans de vie en Amérique, une lettre lui apprend qu’elle est héritière et derechef, en accord avec son mari François Frigon dit l’Espagnol, elle retourne en France avec la promesse de revenir sitôt l’héritage en main. Elle laisse 7 enfants à la communauté de Batiscan et à un conjoint coureur des bois, friand de fourrures. Mais son passage dans son pays natal, elle est rabrouée par sa mère, et il lui est impossible de retrouver Madame de Rivault qui l’avait aidée à sortir de l’enfer de sa famille. Elle retourne à la Salpêtrière réduite à mendier, l’avocat en charge de son dossier met fin au procès en avril 1696 sans succès. Puis, Marie-Claude Chamois meurt à Paris en 1705 sans être revenue en Nouvelle-France, abandonnant mari et enfants. Son François meurt le 13 mai 1724 à 75 ans à Batiscan. Les dédales de sa vie font frémir. À lire.

Le secret de Marie-Victoire alias M.-Claude Chamois, Josée Ouimet, Éditions Hiatoire-Atout, 2000

Irène Belleau

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