Émeline, la filleule de la diva

Émeline, la filleule de la diva

L’histoire de Jeanne Languille alias Eugénie de Bourg-Royal devient une figure de proue grâce au récit historique et palpitant qu’en a cogité René Forget du premier tome au septième que je viens de dévorer. Arrivée en 1671 en Nouvelle-France, cette Fille du Roy est une femme décidée, courageuse, déterminée, aux convictions profondes et au dévouement sans faille. L’épopée qui se déroule jusqu’environ 1740 nous fait vibrer du début à la fin (et ne n’est pas fini, paraît-il…) au contact non pas d’une famille mais de tout un milieu de Charlesbourg au fief Chicot, à l’Île Dupas, à Berthier, à Montréal. D’Eugénie à Cassandre, à Etiennette et maintenant à Émeline, c’est un microcosme de François Allard, maître de la sculpture canadienne, à Quentin, le futur militaire désigné pour la belle Émeline. L’influence sans nom de l’Église – Eugénie serait excommuniée parce qu’elle est allée au théâtre -, l’enfant né d’un père inconnu, adopté et qui revendique à 20 ans de savoir QUI est son père, les multiples naissances, mariages sans oublier les douleurs d’un enfant noyé, les difficultés de faire vivre femme et enfants avec un travail de maréchal-ferrant, l’éloignement des voisins, de l’église, des approvisionnements essentiels, les débâches, les aléas du quotidien dans un pays en défrichement, TOUT nous entraîne dans un tourbillon de relations parfois conflictuelles et déchirantes. Les Casaubon, les Dandonneau, les Latour/Laforge, les Lamontagne, les Fréchette, les Généreux, les Estèbe, les Joli-Cœur, les Allard, les La Vérendrye même les Chatel et les Belleau nous permettent d`apprendre en même temps notre histoire…En effet, les maintes références aux personnages comme le comte Maurepas, les gouverneurs Vaudreuil et d’Argenson, les sculpteurs Levasseur, les seigneurs Berthier, Lanoraye, Dorvilliers, d’Autray,  les liens avec la vie parisienne, les célèbres Voltaire et Marivaux, l’espace temporel toujours trop long  pour avoir des nouvelles du pays d’origine, etc, composent une fresque des débuts de notre pays, à partir de la merveilleuse épopée de la venue des Filles du Roy De plus, c’est bien écrit !!! Merci Monsieur Forget.

Emeline-Rene Forget

Irène Belleau

12/11/2012.

Catégorie : Invitation à la lecture