Relire Yves Landry

Quelle bonne nouvelle !

Yves Landry publie les découvertes généalogiques faites en France depuis la publication, il y a 20 ans, de sa magistrale étude sur le comportement démographique des Filles du Roy venues en Nouvelle-France de 1663 à 1673 pour la peupler à un moment crucial de son avenir.

 

La première nouvelle intéressante, c’est de savoir que 3 Filles du Roy s’ajoutent au répertoire de 1992. Ce sont : 1. Catherine De Lamarre grâce aux recherches de Romain Belleau qui a trouvé dans les archives de l’Hôpital général de Rouen une note à son sujet qui spécifie « qu’elle a été admise à cet Hôpital à 10 ans le 30 septembre 1659 et déclarée être en Canada le 8 juin 1671 ».  Elle est, en effet, arrivée en 1671 originaire de Picardie, et elle a épousé Jean-François de Billy à Champlain pour s’établir ensuite à Gentilly. 2. Françoise Simon de Rouen arrivée vers 1673-1674 et qui s’établit à Boucherville. 3. Anne Élizabeth de Tarragon de Chartres en Beauce qui épouse Gilles Couturier. Ils s’établissent à Sorel ou ils ont 3 enfants.

 

Le deuxième nouvelle sera plus percutante pour certains d’entre nous : c’est le retrait de 9 Filles du Roy qui perdent leur statut de Filles du Roy pour des raisons que l’auteur ne donne pas précisément. Pour certaines qui ne se sont pas mariées, ce sera, dirions-nous, un moindre mal mais pour les autres…qui ont eu de la descendance et qui ont toujours cru à LEUR Fille du Roy, ce sera sans doute une déception. Il s’agit des descendants de Clément Guérin et de Perrine Coirier, arrivée en 1665, qui ont eu 10 enfants. Les 8 autres sont : Catherine Auger 1671, Marie Birard 1669, Marie Charron 1667, Françoise Favreau 1671, Anne Giraud 1669, Geneviève Laurence 1664, Marie Meunier 1666, et Marie Renaud 1669-1670.

 

Le répertoire biographique s’enrichit de multiples informations importantes concernant les parents, les professions des époux, Yves Landry nomme même les Filles du Roy  sages-femmes (5) : Jeanne Amiot, Madeleine Bailly, Marie De Lamarre et M.-Anne De Laporte ; des précisions très précieuses au sujet des escarmouches des Iroquois autant pour les Filles du Roy que pour leurs maris. j’en ai relevé 13 qui s’ajoutent à celles que nous avions d’Anne Loiseau, de Marie Lebrun, de Marie Marchessault, de Charlotte Roussel et de Marie Roy. De plus, Yves Landry précise que 5 Filles du Roy ont sollicité des autorités de l’époque une séparation de biens et de corps d’avec leur mari : Marie Barbant, Marie Cartignier, Françoise De Charmesnil, Catherine Guillot et Madeleine Maréchal ( en plus de celles qui étaient déjà connues ). S’ajoutent aussi des Filles du Roy qui ont émigré avec ou sans leur mari et plusieurs contrats de mariages annulés qui n’étaient pas révélés dans le premier répertoire de 1992.

 

D’autres changements sont aussi bienvenus : la disparition du DE devant le matronyme et, par conséquent, le report à l’ordre alphabétique du matronyme : DE Laporte est maintenant à Laporte et ainsi de suite. Puis, la disparition de St-Michel de Bellechasse pour La Durantaye selon la fondation des paroisses.

 

Il y a toutefois deux anomalies : Marguerite Vitry est-elle née le 24/2/1647 ou vers 1648 ? et Madeleine-Judith Vallée devenue Thoine…est-ce exact ?

 

Voilà un bref aperçu de ce que nous apporte ce complément au premier livre d’Yves Landry publié en 1992. Cela témoigne de l’importance de poursuivre les recherches de part et d’autre de l’océan pour qu’enfin, les Filles du Roy ( et leurs époux ) fassent vraiment partie de NOTRE histoire.

 

Les Filles du roi au XVIIe siècle, Yves Landry, Bibliothèque Québécoise, 2013, Montréal ( Québec )

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 Irène Belleau
Société des Filles du Roy ( SHFR )
Présidente
28 juillet 2013
© Société d'histoire des Filles du Roy ( SHFR )

Catégorie : Invitation à la lecture