La sage-femme de Poitiers

La sage-femme de Poitiers

Bien que son rôle de sage-femme ne soit pas développé, Charlotte de Poitiers, 20 ans, s’embarque sur la flûte Le Saint-Louis pour la Nouvelle-France, avec son frère Jean-Baptiste, dans le dessein bien arrêté de « servir » de sage-femme en la colonie.

C’est en octobre 1658 que Charlotte et Jean-Baptiste, fille et fils de Pierre-Charles de Poitiers et d’Hèlène de Belleau quittent le manoir des Du Buisson, à Amiens, en Picardie. Les deux sont déjà bien informés de la situation de la Nouvelle-France : Jean-Baptiste a des contacts avec Charles Aubert de la Chesnaye, Jean Bourdon et les incursions des Iroquois ne leur font pas leur. Jean-Baptiste parle français, anglais, hollandais et latin. Il apporte toute une valise de livres. Après avoir été le secrétaire de Mgr de Laval, il deviendra ambassadeur pour les colonies de la Nouvelle-Angleterre. Charlotte reçoit les avances du capitaine de la flûte mais descendue à Québec, elle oublie tout de ces liens précoces. On lui présente Jean-Rémy de Blois lieutenant mais le caractère hautain de l’homme la rebute. Elle tourne la page quand, en rendant visite aux Couillard et aux Hébert, elle est fascinée par le charmant Joseph Hébert. La réciprocité s’établit vivement. Les fréquentations, les soirées du gouverneur, les travaux sur la ferme, les visites à Sillery pour soigner les malades, les dangers des Iroquois cachés derrière les buissons, etc, tout concourt à l’acclimatation de Charlotte si bien que son frère en partance pour la côte américaine, la peine mais elle, elle restera ici. Les fiançailles, le mariage, l’arrivée du premier enfant qui s’appellera Joseph comme son père, son travail à l’Hôtel-Dieu et surtout, son amour profond pour le développement de la colonie en fait une pionnière de parfait équilibre.

Les personnages, pour la plupart, sont réels et de l’époque outre ceux déjà nommés : les Guyon, Maheust, Morin, Gaudry, Ruette d’Auteuil, les Pères Lallemant et Lemoyne, les religieuses hospitalières Marie de Saint-Boniface et Jeanne Agnès de Saint-Paul et le médecin Madry. Peu sont fictifs et contribuent néanmoins à faire de ce récit un roman à caractère historique.

À lire pour la période d’avant 1663.

Irène Belleau
Février 2014
© SHFR

La sage-femme de Poitiers

La sage-femme de Poitiers, Madeleine Rinfret Lucas, roman, Libre Expression, Montréal, 2000

Catégorie : Invitation à la lecture