Poitevins au Canada aux XVIIe et XVIIIe siècles

Après des années de recherches minutieuses et, sans doute, des heures et des heures  de vérification, Madame Marguerite Morisson-Gaborau  publie une œuvre inédite qu’on pourrait qualifier de monumentale tellement elle est riche non seulement pour les Poitevins mais combien source essentielle pour l’autre côté de l’Atlantique, le Québec.

Comme elle le signe elle-même, de La Sèvre « malgré ses modestes dimensions, chemin d’eau indispensable à la vie autant pour les hommes que pour les animaux, les récoltes, les marchandises que pour les cortèges des mariées et les enterrements »,  et, de l’autre côté de l’océan, le Saint-Laurent, la Grande Rivière, qui a accueilli les Poitevins et Poitevines qui sont allés peupler et apprivoiser ces rives où tout est démesure, mais retrouvant les paysages familiers du Marais poitevin dans le dédale des îles de Sorel », Madame Morisson relie nos deux mondes après 350 ans. Formidable ! Nos HOMMAGES.

Ce ne sont pas seulement les  hommes qui descendaient par Marens pour gagner La Rochelle et s’aventurer en pays d’Amérique… ce sont aussi des FEMMES plus particulièrement des Filles du Roy dont quatre du pays des Deux-Sèvres : Catherine Fièvre (1663) que les « jumelées » québécoises ont retrouvée  rue Mère-Dieu en 2013 encore chargées d’émotions; Marie Girard (1667) qui a gardé sa liberté en ne se mariant pas en Nouvelle-France; Catherine Doribeau (1669), retournée et décédée en France; Marie Marchessault (1669) du même pays même si elle n’est plus reconnue comme une Fille du Roy, elle a quand même eu six enfants en Nouvelle-France; enfin Marthe Ragot (1663) épouse de Louis Samson de Normandie établie à Sillery, près de Québec.

Mais ce ne sont pas seulement ces 4 Filles de Niort que nous trouvons dans le livre magnifique de Marguerite Morisson; les engagés pionniers du Poitou ont marié d’autres Filles du Roy. Et c’est là une autre richesse de ce bouquin. Quelques exemples : Pierre Chaignon  de Beauvoir épouse Marie Morin Fille du Roy de 1665 à Beauport, Pierre Gendras épouse Marie Charpentier de Paris (1671) ; ils s’établissent à La Pérade; et en secondes noces, en 1715, il épouse Marie-Marthe Lefebvre de l’Aisne (1670); François Travers qui épouse la fille de la Fille du Roy, Louise Fro (1670) de Paris; Laurent Migneron de Chizé épouse en secondes noces  Marie Guillaume, Fille du Roy de 1670, en 1675 et ils eurent sept enfants; Nicolas Millet de La Boissière-en-Gâtine qui épouse Michelle Lesdiller, Fille du Roy (1668) devant le notaire Pézard de la Tousche, au Cap-de-la-Madeline; François Meloche de Frontenay épouse la fille d’Anne Dodin de l’île de Ré (1669); Gabriel Roger de Sainte-Verge épouse Marie Lecour (1669) et Marie-Louise Bolper (1671) de Chartres en Beauce, en 1687 à l’Île d’Orléans, près de Québec. Ainsi, les liens entre les deux pays seront encore renforcés comme le signale le maire de Niort, Monsieur Jérôme Baloge. Le rêve de Maud Sirois-Belle continue de se réaliser. Puissions-nous y contribuer encore.

Poitevins au Canada aux XVIIe et XVIIIe siècles – Sur les traces des pionniers partis des Deux-Sèvres, Marguerite Morisson-Gaboreau du Cercle généalogique des Deux-Sèvres,La Geste, 2018.

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Irène Belleau, 31 mars 2019.
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