Marguerite Viard, Fille du Roy devenue cleptomane

L’histoire de Marguerite Viard a fasciné l’un de ses descendants et le récit qu’il en fait, bien documenté, ne pourra qu’en fasciner des milliers de lecteurs. Arrivée à Québec, en 1671, sur le St-Jean-Baptiste, elle se refusera d’abord à deux prétendants puis  épousera  Mathurin Besnard, puis Jean Inard et un 3e  Joseph Serran. Le premier mourra et la laissera seule, mère de 3 enfants, enceinte d’un 4e, à Chambly. À 30 ans, Jean Inard dit Le Provençal, 49 ans, maître maçon, la marie, ils habitent St-Lambert. Deux ans. Elle redevient veuve. Elle commence à voler. De petits vols. Pas tellement par nécessité. Par instinct, dirions-nous. Comme un besoin. Peut-être de l’atavisme ? On ne sait pas. Puis, à Lachine, c’est Joseph Serran dit Lespagnol qui la sollicite ; elle a 4 enfants. Les vols que Marguerite effectue chez les voisins la rendent suspecte. Assez pour qu’ils décident de quitter St-Lambert. Les Jésuites y sont pour quelque chose… Voler sans repentir.. et recommencer…. quel vilain défaut ! Ils déménagent non loin mais la réputation de Marguerite les a précédés ! Qu’est-ce qu’elle vole ? Voyez : une marmite, du tabac, des chemises, une faux, une nappe, une paire de bas, etc. Elle  cache même ce qu’elle vole dans le bois. On retrouve les objets. On l’emprisonne. Son mari pense la corriger et la maltraite. Rien n’y fait. Les chicanes de voisins enveniment la situation. Vaut mieux partir ! Et ainsi de suite.

La cleptomanie est une impulsion, signale l’auteur, comme un besoin impulsif irrépressible. Ce n’est pas être voleur. Entre les 2, c’est comme un un boulimique et un fin gourmet. Perdre son mari, s’adapter à un nouveau pays, la peur du lendemain, des “sauvages”, le rejet des voisins, etc, sont des situations qui peuvent développer un certain “mal de vivre” qui pousse à des actes plus ou moins réfléchis ! Voilà c’est Marguerite. Toutefois, elle se corrigera ! Elle aura rempli son devoir de développer la colonie : 10 enfants. Que Dieu la bénisse ! dirions-nous.

La recherche de ce que furent, ici, les quelque 800 Filles du Roy nous permet de les connaître. On les a si longtemps laissées dans l’ombre ! Que viennent d’autres publications comme celle de M. Myre… c’est tellement bien écrit, bien documenté, bien structuré… peu importe la cleptomanie !

Marguerite Viard

Nouvelle-France, 1652-1715, Marcel Myre, Les Éditions GIQ, 2010

Irène Belleau

Catégorie : Invitation à la lecture