Madeleine de Roybon d'Alone

Madeleine de Roybon d’Alonne est une Fille du Roy recensée autant par Yves Landry que par Silvio Dumas. C’est Evelyne Voldeng, poète, romancière et essayiste, professeure au Département de français de l’Université Carleton, à Ottawa, qui nous la fait connaître et qui lève le voile sur celle qu’on soupçonnait être l’amie de Robert Cavelier de la Salle, découvreur de la Louisiane en 1682. Fille de petire noblesse, née en 1646, Madeleine de Roybon d’Alonne arrive en Nouvelle-France en juin 1671, originaire de  Montargis, paroisse de Cepoy, en Normandie, sur les bords du Loing. Elle est une orpheline de La Salpêtrière, recrutée par Madame Bourdon. Elle quitte la France par le port de Dieppe avec son amie Diane de la Motte restée, elle aussi, célibataire. Madeleine est la fille de Jacques Sieur d’Alonne, homme d’armes et écuyer du roi, et d’Anne d’Esté; elle deviendra la première femme d’affaires et propriétaire terrienne franco-ontarienne, maîtresse du seigneur de Katarakoui, le célèbre Cavelier de la Salle qu’elle rencontre en 1675 alors qu’il revient d’un voyage en France avec des lettres de noblesse. Ils se sont plu, dit simplement Madame Voldeng. Pour qui sait un peu d’histoire, on connaît les difficultés de ce grand homme dont les compagnons sont “jaloux” détruisant le Fort Crèvecoeur et prenant la fuite avec ses pelletries…Calomnié, vilipendé, il perd ses biens, croule sous les dettes. Madeleine admire son incroyable courage et voit dans ses yeux l’invincible découvreur. Elle lui confie sa fortune : un prêt de 2000 Livres. Il s’engage à la rembourser en peaux de castor. Il s’embarque pour le sud avec 23 autres Français. Madeleine est 2 ans sans le revoir. Il lui avait dit qu’il tremperait sa main dans l’eau saline du golfe du Mexique… et qu’il reviendrait ! En 1683, La Salle part pour la France défendre son rêve d’établir une colonie au sud de l’Amérique. Il obtient un navire le Joly et 200 hommes. Au printemps de 1687, les relations entre les Français et les Onontagués se détériorent. À Onondaga, les Sauvages se saisissent de Madeleine; elle devient prisonnière-esclave des Mohawks. On veut l’échanger pour les prisonniers des Cinq-Nations détenus par les Français. C’est le Père Jean de Lamberville qu’on envoie négocier la libération de Madeleine. Elle sera libérée en juillet et se retire ches les St-Ours, Pierre et Louis, qu’elle connaît bien. De là, elle apprend la mort de Robert Cavelier de la Salle assassiné le 19 mars 1687. Folle de douleur, elle veut rebâtir Toneguinion, sa seigneurie. Elle va à Versailles, retrouve sa soeur Marie-Léonne à Montargis, et revient en Nouvelle-France défendre ses terres. Elle meurt à 72 ans, le 17 janvier 1718. À lire dans la collection Paysages, L’Interligne, publié en 1998.

Madeleine de Roybon d'Alone, collection Paysages, L'Interligne, 1998

Irène Belleau

Catégorie : Invitation à la lecture